miércoles, 7 de enero de 2009

NOUVELLE: Mission à Oxydome
Extrait de Le Marchand de rêves
Par Julien Mouissi Mayombo

NB : Tous les noms présents dans ce récit ont été inventés ; toute
similitude avec la réalité n’est que pure coïncidence.
À tous les étudiants gabonais de
partout le monde ; l’Espagne en
particulier.
En plein pied dans le XXIe siècle, le futur Capitaine Neiluge Leros à peine se rendait
compte de l’importance capitale des moments qu’il devra vivre durant les deux
lustres avenirs. Dans un univers spatial dominé par l’hostilité de ses habitants, il vivait
à Landscape, une région plutôt connue pour la jovialité, la tolérance, l’hospitalité et la
sympathie – bien que parfois fallacieuse – de ses concitoyens, les Landscapiens.
Après près de douze ans de formation à l’ Ecole Navale et Spatiale de Landscape, il avait été
choisi au même titre qu’une vingtaine d’autres jeunes Landscapiens afin de représenter leur
région durant une mission spatiale conjointe à laquelle chaque Région Spatiale enverraient
près d’une vingtaine de jeunes gens en quête d’aventure, de savoir et donc de maturité
spirituelle. Il y avait neuf Régions. Landscape était la quatrième selon un classement réalisé
lors du Sommet Spatial qui, chaque lustre, avait lieu à Oxydome, la plus grande et la plus
avancée des neuf Régions. Là aura lieu la mission.
Les jeunes Landscapiens qui se retrouvèrent à l’Institut Landscapien des Léonides se
connaissaient à peine. Ils provenaient de familles différentes, de sous-régions différentes mais
avaient tous reçu presque la même formation et dénotaient une certaine soif d’aventure bien
qu’à travers les regards de certains on pouvait mesurer la portée du mystère qu’engendrait ce
monde inconnu jusqu’alors ; ceci, additionné au fait de laisser leur terroir – une prémisse pour
bon nombre d’entre eux ! Les têtes pensantes de Landscape étaient toutes présentes, comme de
coutume. Elles n’avaient guère oublié les différentes phases de cette cérémonie d’adieu que les
Anciens Landscapiens organisaient à chaque fois que l’un des siens allait en mission. La Salle
Spatiale de l’Institut des Léonides était bien pleine d’émotions. Chaque jeune Landscapien
occupa son compartiment sans aucune information sur l’identité des autres membres de
l’équipage. Néanmoins, tous avaient été informés que le jeune Neiluge Leros avait été désigné
Capitaine de la Mission ; ceci de manière unanime ! C’était un jeune garçon au caractère
sérieux ; peu expressif mais, qui faisait de l’amour pour son prochain sa carte de présentation.
Le lancement de la Mission se réalisa sous le nom de RAKEMORE-J. Le choix du nom de celle-ci
qui était aussi celui du vaisseau spatial avait fait l’objet de la première décision de Neiluge à
tant que Capitaine. « Parfait décollage ! », criaient Anciens et parents présents sous des
applaudissements et des cris effrénés.
Au bout de huit heures de navigation, une vue incroyable et impressionnante se présentait
aux yeux des membres de l’équipage. Un panorama futuriste qu’ils n’imaginaient jusqu’alors
que par les récits – parfois fabuleux – des Anciens ou des formateurs de l’Ecole Navale et
Spatiale de Landscape. C’était Oxydome ! La Grande Oxydome ! La stupéfaction les envahit au
point d’oublier qu’ils avaient un amerrissage à effectuer.
- « Bel amerrissage Capitaine ! », lui dit Maître Siulesox avec ce ton sarcastique qui le
caractérisait.
- « Merci Maître Siulesox ! », répondit timidement le jeune Capitaine Neiluge.
- « Appelle-moi Siulesox et oublions ces formalités landscapiennes. Et bienvenus à
Oxydome ».
À peine arrivé à Oxydome, le Capitaine Neiluge se voyait déjà contrait de violer une des
normes de base et fondamentale à Landscape : le traitement. Le Maître Siulesox était le
responsable de l’Institut Oxydomien des Léonides. Il y avait des Instituts des Léonides dans les
neuf Régions Spatiales de cet univers afin de permettre à tous les jeunes de recevoir la
formation ; ou du moins, suivre le même programme de formation. Il est évident que le caractère futuriste
de la Grande Oxydome affectait aussi les Régions voisines. L’essence de la mission des jeunes
Landscapiens était d’apprendre l’Oxydomien – langue parlée à Oxydome – et s’adapter au
mode de vie de cette Région dimensionnelle. Cela paraît si simple. Cependant, c’était deux
modes de vie totalement antagoniques. Une sorte de Sparte Vs Athènes. Afin donc d’éviter un
autre Péloponnèse, les Anciens Landscapiens décidèrent d’envoyer leurs jeunes talents afin
non seulement d’apaiser la tension et démontrer leur prédisposition à instaurer la convivialité
entre les deux Régions mais aussi de mieux connaître de très prêt la pensée oxydomienne.
Hors de leurs scaphandres, les jeunes Landscapiens se voyaient les visages pour la première
fois. Le Capitaine Neiluge reconnut le jeune Tenibovich. Ils se connaissaient depuis Landscape !
Tenibovich était aux commandes du RAKEMORE-J à tant que Capitaine Adjoint aux côtés du
Capitaine Neiluge Leros. Ils se saluèrent sans montrer leur euphorie et leur joie de se retrouver
dans cette mission. Parmi tous les jeunes Landscapiens, il y avait aussi une demoiselle très
connue dans sa sous-région pour son intelligence, son caractère intrépide, son habilité et sa
disposition à apprendre plusieurs langues…et pour sa splendeur ! C’était Ackenir, fille du
Général Ackenir de la 2e sous-région landscapienne. Le Capitaine Neiluge Leros se présenta
auprès d’elle en toute formalité. Elle répondit avec cette éducation et cette élégance propres
aux filles de Généraux landscapiens.
Après s’installer à l’Institut Oxydomien des Léonides, les jeunes Landscapiens commencèrent
sans tarder leur mission. Les visites guidées à travers Oxydome, les rencontres avec les
Oxydomiens les servaient dans leur apprentissage. Tout de même, les landscapiens avaient
toujours été formés sous la tutelle et la vigilance d’un Ancien qui, à chaque pas, leur rappelait que
la discipline et l’honneur se devraient d'être leurs fidèles compagnons dans leur besogne. À Oxydome, c’était le contraire. Les Oxydomiens jouissaient d’une liberté absolue et se considéraient maîtres de leurs destins. C’était là même le but de cette mission : apprendre à garder son sang froid dans des situations de bonheur excessif ou de complications à caractère stressant. Les jeunes Landscapiens devaient apprendre à vivre dans un monde en perpétuelle mutation et où la tentation par le vice est monnaie courante.
Vers la fin du premier lustre, plusieurs d’entre eux avaient perdu tout type de repère avec le
paisible mode de vie de Landscape. Ils étaient noyés dans l’oxydominium ou état profond de
relaxation et de complaisance accrues dans le vice oxydomien. Même le jeune Capitaine Neiluge Leros s’était épris de la belle Ackenir, fille du Général Ackenir de la 2e sous-région landscapienne. Lesnouvelles parvenaient à Landscape et, grande était déception et la désolation. « En moins d’un lustre ils ont perdu la tête !», se répétaient tous les Anciens. Parfois, Ackenir avait d’yeux pour le Capitaine Neiluge, parfois pas. Face à cette incertitude, Neiluge Leros perdit le control sur l’équipage…et sur son caractère d’obédience responsable. À Landscape, les Anciens ne pouvaient restés les bras croisés. Quand il s’agissait de sévir, il le faisait avec la même dévotion que tout autre chose. Ils envoyèrent un convoi de Vétérans à la recherche des jeunes
Landscapiens. Ceux-ci apprirent leur malheur car, ils savaient en quoi consistait la mission des
Vétérans ; et se dispersèrent donc à travers Oxydome; sous la grande surveillance de Maître Siulesox qui, comme bon Oxydomien, ne pouvait rien y faire.
Bien avant ce tumulte, le Capitaine Neiluge Leros et la jeune Ackenir avaient passé de bons moments ensemble. Un soir, alors qu’il ne s’y attendait pas, deux sentinelles lui avisèrent de l’arrivée de la jeune Ackenir à son compartiment. Aussi surpris que les deux sentinelles qui avaient aussi entendu parler de la belle Ackenir, Neiluge ouvrit la porte. C’était bien elle. Vêtue d’une culotte jean et d’une petite chemise en soie, elle laissait aux yeux de quelques curieux la possibilité d’observer sa fine silhouette et ses courbes à l’African Queen. Quand ils étaient tout seuls, elle était vraiment elle ; une douce demoiselle qui savait mettre à l’aise à quiconque suscitait son attention. Aux côtés de Neiluge, son regard laissait enfin entrevoir quelque chose de lisible ; au bonheur de celui-ci, son sourire était plus radiant que jamais. D’ailleurs, il n’arrêtait jamais de lui dire qu’elle avait un joli sourire. Il l’aimait et la respectait tellement qu’il craignait lui faire de mal : une caresse inappropriée, un baiser désapprouvé…cette idée l’affolait au même titre que le désir de l’avoir dans ses bras, caresser son somptueux corps, sentir la douceur de ses mains si moites ou ses lèvres couleur de pétales de roses. Cette visite d’Ackenir dans son compartiment lui restera à jamais gravée dans sa mémoire. Parfois, il se dit « J’aurais dû l’embrasser. J’aurais dû lui exprimer par la physique expérimentale panglossienne mon amour pour elle». Il le dit car, il y avait cette nuit comme une certaine prédisposition de la jeune
Ackenir à se laisser désirer. Une prédisposition de laquelle Neiluge ne se rendit compte que le
jour suivant. Le plus curieux c’est qu’il ne regrette cependant pas le fait de n’être allé au bout
de son désir expérimental. Au contraire, il la tenait dans ses bras, sur ce petit lit ; et il en était fier car il l’aimait – et l’aime encore – plus que tout au monde. C’était le plus jour de sa vie depuis son arrivé à Oxydome.
C’est dans ce tourment sentimental et émotionnel que le Capitaine Neiluge Leros perdit tout
contact avec ses concitoyens landscapiens excepté son adjoint Tenibovich qui pouvait de
temps à autre se transporter. Neiluge trouva refuge à Castronza, la première sous-région d’
Oxydome. Là, il reçut la formation dont il avait besoin car il tenait à tout prix à ce que sa
mission à Oxydome soit accomplie. Dans le cas échéant, il ne saura retourner à Landscape. Un
lustre après, il apprit que le jeune Ackenir vivait à Dirdamopolys, en plein centre d’Oxydome
où elle comptait aussi terminer sa mission.
Lors d’une bataille avec des renégats dans une banlieue de Castronza, le Capitaine Neiluge
perdit la visibilité. En pleine convalescence, il n’arrêtait de penser à la jeune Ackenir ; il répétait
sans cesse son nom. Mais, aucun médecin ne savait de qui il s’agissait. Depuis le Centre de
Réhabilitation, il essaya de se mettre en contact avec elle, mais en vain. Son rétablissement se
compliquait au fur et à mesure qu’il ne savait rien de sa landscapienne préférée. Un soir, il
reçut un télégramme d’elle lui disant qu’elle avait reçu le sien mais qu’elle n’était pas à
Dirdamopolys mais à Landscape ! Elle y était allée – en bref séjour – sous les ordres express
du Général Ackenir. Quand Neiluge lui communiqua qu’il avait perdu la vue dans une bataille,
elle se surprit du fait qu’il pensait toujours à elle après tout ce temps. C’était une sensation
étrange pour Neiluge. Pendant la bataille, il pensait à elle. Et, lorsqu’il pensait qu’il allait
mourir, la dernière personne à qui il aurait aimé parlé était Ackenir. Il le lui dit mais elle n’en
crut un seul mot ; pourtant, c’est bien vrai. Il n’imagine pas sa vie sans elle. Le Capitaine
Neiluge Leros aurait tout abandonné pour être aux côtés de sa tendre Ackenir…y compris sa
mission à Oxydome. Il ignore cependant si celle-ci serait un jour disposée à comprendre et à
accepter à quel point il continue de l’aimer. Son tâtonnement lors de leur dernière
conversation à ce sujet démontre combien Ackenir était au centre de ses pensées les plus
tendres, les plus sincères et pleines de fondement malgré les vicissitudes que chacun d’eux a
dû affronter. Son souhait le plus cher : voir Ackenir sourire !
*
* *
Après avoir donc repris contact avec la belle Ackenir, le Capitaine Neiluge n’était plus
disposé à accepter ce silence et cette distance. Il voulait désormais tout savoir d’elle.
Suite à leur dispersion à travers Oxydome, certains jeunes Landscapiens avaient cependant
créé une organisation secrète afin de maintenir leurs traditions landscapiennes. Petit à petit, le
Capitaine Neiluge retrouvait la visibilité ; il ne pouvait supporter l’idée de ne pouvoir revoir
Ackenir sourire. Les Oxydomiens ne permettaient pas l’existence d’organisations secrètes dans
leur Région. De ce fait, les jeunes Landscapiens s’arrangèrent pour que leur première
rencontre à tant qu’organisation ait lieu. Ils décidèrent à travers des télégrammes codés de se
retrouver à Dirdamopolys. Tous étaient présents. Aucun Vétéran ne sut rien sur cette
rencontre. On pouvait lire de l’émotion dans leurs visages après deux lustres sans nouvelles les
uns des autres. Certes, le Capitaine Neiluge était anxieux de retrouver ses membres
d’équipage ; son Capitaine-Adjoint Tenibovich surtout. Cependant, il n’arrêtait de chercher
dans la multitude ce visage et ce sourire qu’il ne connaissait plus que par le souvenir. Comme
un mirage, il l’aperçut au loin, se frotta les yeux au cas où son imagination lui jouerait un sale
tour. Elle était bien réelle ; c’était bien Ackenir, celle qui n’a cessé de hanter ses jours et ses
nuits. Ils parlèrent à peine. Mais, le simple fait de la revoir lui faisait un bien
incommensurablement grand. Il ne pouvait jouir de son sourire qu’à distance – avec les autres
– pendant qu’il l’observait. Au moment de se séparer, elle lui tendit le main en signe d’adieu ;
et Neiluge lui dit : « pourquoi pas deux bises à la joue ? ». Il n’avait pas arrêté de l’observer
durant toute la rencontre. Elle lui semblait bien distante. Il aurait tout fait pour briser cette
grande barrière qui s’érigeait entre eux et se sentir près d’elle comme cette nuit à l’Institut
Oxydomien des Léonides. Mais, elle était si loin de lui qu’il en souffrait. Elle accepta néanmoins
de lui faire les deux bises. Pendant les quelques secondes que dura ce geste, il ressentit cette
paix intérieure qu’elle seule savait lui transmettre, parfois, rien qu’avec sa présence. Pendant
qu’elle s’éloignait dans une navette spatiale accompagnée d’amis – ou inconnus – il resta là à
observer, impuissant devant la situation, jusqu’à ce que la navette disparaisse dans cette
épaisse obscurité spatiale. Il aurait juste souhaité passer un temps avec Ackenir. Il aurait peutêtre aimé qu’elle lui dise s’ils pourraient se revoir un jour comme cette nuit à Oxydome car, il espère la reconquérir – pour se racheter – et retrouver sa joie de vivre…Ackenir.

lunes, 29 de enero de 2007

¿De quién es la culpa?


"Un hombre que no es capaz de morir por algo no es capaz de vivir", M.L. King Jr
Así me defino yo;un hombre que siente pasión por la vida...una pasión sana y constructiva.
Me gustaría construir mi hogar sobre un puente entre el mundo occidental y este otro gran mundo que forman mis raices africanas (de Gabón,por cierto).
Conocer a gente de todos los rincones del mundo es algo a lo que aspiro. Es el puente idóneo para así levantar este hogar con el que tanto sueño. El camino es duro ya que muchos se empeñan en mantener en él, obstáculos más viejos que el mismísimo tiempo.
Nunca he entendido la pasión que sienten algunos por conceptos como "separación", "diferencia", "desigualdad", "inferioridad" y otros más, usados para clasificar a la buena de Dios a los seres humanos que somos.
Un día le pregunté a una amiga cuánta probabilidad había de que la repulsión racial, para llamarlo de algún modo, partiese de uno "de color" hacia un blanco. Durante varios segundos, no supo qué contestarme. Obvio, era de la otra banda pero, no con el mismo concepto del tema. Seguí preguntándole, esta vez un poco más directo (sin tapujos), por qué el racismo tenía que seguir la misma polarización después y a pesar de tantos siglos de historia contándonos lo que pasó entre nuestros respectivos antepasados. No digo que haya alguien con motivos aparentes para amargar la vida a quien sea con un tema tan absurdo, ridículo y de ignorantes como lo es el racismo, sino todo lo contrario; me pregunto por qué unos (los opromidos) tienen que ser tolerantes como otros (los opresores)? ¿Acaso son los únicos en entender y darse cuenta de que todos tenemos los mismos grupos sanguinos?
Leí en alguna parte que puede tener el producto más bueno del mercado y sin embargo, no venderías ni la mitad por falta de buen marketing.
La imagen que tienen muchos jovenes europeos (españoles para no ir lejos) de África deja mucho que desear. Para algunos, es un país y no un continente; para otros, sólo lo forman paises del Maghreb y unos cuantos de la parte austral de ese continente. De hecho, es sinónimo de Safari, SIDA, Hambruna y todas las desgracias de este mundo. No les culpo a ellos, en absoluto. Es lo que yo también he visto en los Informativos (o documentales) en todo el tiempo que llevo en España.
"Pas de nouvelles, bonnes nouvelles",
dice un dicho "gabacho"...y con cariño, ojo. Por lo visto, "las malas noticias llegan las primeras" es su equivalente en castellano. ¿Acertaron con esa traducción? No lo sé.
Pero una cosa es cierta, creo sinceramente que la ignorancia nos puede salvar de muchos males. No me refiero a la ignorancia como falta de conocimiento intelectual sino como una elección de no percatarse lo más mínimo de lo que ocurre en uno u otro citio. Así, uno se salva - por lo menos - de una metedura de pata inminente.

Mémoire de Dad

En octobre 1998, alors que j'avais 18 ans, les médecins me détectèrent une rechute d'infection pulmonaire; plus connue comme tuberculose. J’étais triste et furieux à l'idée de savoir que j'allais passer trois mois à l'hôpital. J’ignorais cependant que dans cet endroit si désolateur et rempli de spleen j’allais vivre les plus beaux instants de ma vie.
Ma première semaine à l'hôpital pandémique de N’kembo (à Libreville) était triste comme un ciel gris. En plus de plus de huit comprimés que je devais prendre, chaque matin j'avais droit à une injection...et cela durant tout mon séjour à l'hosto. Nous étions quatre dans la salle d'hospitalisation. Après chaque mois, les autres malades s'en allaient. Quant à moi, le médecin chef ne pouvait que me rappeler combien de jours ils me restaient à passer. Un mois et demi après, une jeune fille atteinte de la même maladie nous rejoignit. Elle s'appelait Nadia. Elle occupa un lit situé tout juste à côté du mien. Nadia avaient plusieurs sœurs qui venaient lui rendre visite. Dad était l'une d'elles. De père sénégalais et de mère gabonaise, Dad était tout sauf une fille de laquelle on pouvait détourner le regard. Sur ma table d'hôpital se trouvait mon inséparable dictionnaire bilingue anglais/français. Nadia parlait à peine mais, on s'attendait très bien; rien qu'avec des regards. Du coup, elle s'était convertie en une sorte de petite sœur, laquelle je devais protéger. Il n'eût pas de contact verbal avec Dad jusqu'au jour où, avec l'une de ces amies, elles vinrent visiter sa sœur. Allongé dans mon lit, elles se mirent à converser en anglais. Elles parlaient de moi, de mon silence, de mon caractère solitaire et de mon manque de conversation. Je me levai et leur dit:"your english is perfect!" et sorti prendre de l'air. Elle sourit et s’en alla ce soir sans rien me dire. Des jours passèrent. Un « Salut ! », un « À demain » et rien de plus. Cependant, Nadia commençait à me parler et à me faire confiance. Les mercredis j’aimais bien m’échapper de l’hôpital et faire un tour à la maison. Je décidai de le faire juste à l’heure à laquelle devait arriver Dad. Bien avant, je laissai une petite note pour elle avec sa sœur : une histoire stupide dénuée de sens. En rentrant, Dad était déjà partie. Nadia me tendit le bout de papier. En l’ouvrant, Dad avait écris en rouge : «rédige-moi une histoire qui me ferait rêver de toi et moi ». Je passai toute la nuit à lire cette petite note tout souriant. Nadia me demanda : « Qu’est-ce-que vous vous écrivez et pourquoi souris-tu ? ». Je lui répondis en lui souhaitant de passer une bonne nuit. Cette même nuit, je me mis à rédiger la ‘bonne histoire’. En résumé, il s’agissait de deux jeunes gens (James et Diana) qui se sentaient attirés l’un envers l’autre mais, aucun des deux n’osaient faire le premier pas pour plusieurs raisons. Nadia nous servit de ‘postwomen’ une fois de plus. Je ne sus quelle serait la réaction de Dad jusqu’au jour où toute sa famille vint visiter Nadia. La salle était pleine à craquer. Je sortis m’asseoir au balcon. Quelques minutes après, Dad vint me rejoindre et s’assit sur mes jambes. Mon cœur se mit battre très fort ; d’une part pour la sensation étrange que je ressentais au contact de son corps et d’autre part, pour ses parents tout juste à quelque mètres. Elle me dît : « Ecoute Julien, suis plus une gamine. Je sais que James et Diana c’est Julien et Dad. Dis-moi exactement ce que tu ressens pour moi ». Il était 21 h du soir. Mon regard fixé vers un beau clair de lune, je lui dis, d'une voix presque tremblante : « Je crois que je suis amoureux de toi ». Dad garda un silence qui me torturait. Soudain : « Ben, suis pas amoureuse de toi mais, je t’aime ». Je ne savais que dire tellement je n'en revenais pas; elle s’approcha (pour un baiser) et je la serrai très fort dans mes bras en passant ma tête vers son coup. Je ne pouvais l’embrasser; épourtant je le désirais et je la désirais. Je pensais qu’en le faisant, je pourrais la contaminer. Elle me dît : « Tu me refroidis » et se fût à la salle d’hôpital. Je restai là, tout joyeux. Je venais de vivre un conte de fée. Les visites de Dad non seulement à sa sœur mais aussi à moi étaient devenues mon ‘traitement favori et le plus efficace’. Une semaine avant le 25 décembre, date de don anniversaire, sa sœur s’en allait de l’hôpital…et elle aussi. Triste réalité. Des compagnons de la salle de l'hosto jurèrent que je ne la reverrais plus jamais. Dad m’avait promis qu’elle viendrait me rendre visite. Le jour promis, il était 16 h ; et elle n’arrivait toujours pas. J’avais pris une bonne douche. Les amis n’arrêtaient pas de se prendre ma tête. Désespéré, j’allai m’allonger sur mon lit et m’endormis quand soudain, je ressentis des lèvres fraîches et suaves se poser sur les miennes : « bonsoir chéri», elle me dit. Elle était bien là et avait apporté des petits cadeaux pour tous ceux de ma salle; elle les distribua et le reste elle le mit à ma table. Ces visites se succédèrent, tout comme nos balades ensemble. On était fous amoureux l’un de l’autre mais, jamais je l’avais embrassée pour peur de contagion. Amour ou stupidité? Je n'en sais plus rien. Et je ne sus plus rien d’elle après. Néanmoins, je remuai terre et ciel pour savoir où habitait l’une de ses sœurs afin de lui remettre son cadeau d’anniversaire et une carte postale que je lui avais redigée. Deux ans plus tard, j’appris que Dad avait voyagé ; qu’elle était allée en Espagne. Je ne pouvais l’oublier. En 2002, je réussis à l’examen du Bac et obtins une bourse d’étude pour l’Espagne précisement. Jamais je n’avais oublié cette fille qui, toujours, est présente dans mes pensées malgré le temps. Après deux ans derrière ses traces en Espagne, j’appris qu’elle était retournée au Gabon. Et moi, je continue d’étudier en Espagne avec l’espoir de la retrouver un jour; ne serait-ce que pour lui dire "bonjour Dad" !